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2010

«Dans ces bois en bordure de zone industrielle, coincés entre des parkings, des dunes mitées, un site de stockage de déchets, ils vivent en clandestins et en transit, refoulés, se fondent dans la tristesse d’une nature rongée par la pollution.
Ce qu’ils appellent jungle est un maquis de broussailles, ronces, orties, arbrisseaux, plantes griffantes, urticantes, bouleaux pelés, arbres chétifs et carbonisés par les effluves toxiques, lierre et mousse oxydés, végétation indéfinissable, tapis de feuilles mortes, mortes toute l’année, le printemps n’arrive pas jusque là, ne traverse pas l’autoroute. Des bois crasseux en bord de ZI où se terrer en attendant.
C’est donc là qu’ils se camouflent, là qu’ils ont édifié, bricolé des bivouacs à ras de terre, campements sauvages près desquels ils ont creusé un fossé pour recueillir l’eau de pluie, se laver, se rincer sommairement et, plus loin, une bassine pour y boire après une pluie intense.
Devant la cabane un feu de bois sur lequel chauffe à même les braises fatiguées une boîte de raviolis au b
œuf, et les migrants en cercle et en tailleur espérant que cette fois c’est bien leur dernière nuit dans ce trou à rats, demain je me tire.»
Extrait de « Gros oeuvre, Cabanes Calais »
de Joy Sorman.

Ce travail photographique aborde l’immigration clandestine et le territoire calaisien. Il montre ici un tronçon juxtaposant l’autoroute et la plage. Cette zone est empruntée par les migrants souhaitant se rendre de la «jungle» jusqu’au centre ville où certaines aides humanitaires viennent en aide à hommes et ces femmes.
La fermeture du camp de Sangatte et les destructions de camps montrent que les politiques cherchent à évacuer le problème de l’immigration clandestine à Calais. On cherche à rendre ces populations inexistante, mais les traces qu’ils laissent derrière eux nous témoignent d’une réalité bien différente.
Neuf années plus tard, la situation reste critique, ajoutant chaque année des crises successives dans différents points/ports d’Europe. Calais reste une plaque tournante dans la quête de rejoindre l’Angleterre.